RDC : comment mieux mobiliser les recettes minières malgré la révision du Code minier de 2018

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Malgré la révision du Code minier en 2018, la mobilisation des recettes publiques issues du secteur minier demeure un défi majeur pour la République démocratique du Congo (RDC). Pourtant, ce secteur reste le principal pourvoyeur du budget national. Pour le professeur Florimond Muteba Tshitenge, président du Conseil d’administration de l’Observatoire de la dépense publique (Odep), la solution commence bien avant l’exploitation : à l’étape cruciale de la préparation des projets miniers.

Dans une interview accordée ce vendredi 16 janvier 2026 à Tsieleka.com, Florimond Muteba estime que « tout projet minier ne mérite pas d’être exonéré ».

Selon lui, les études d’investissement présentées par les opérateurs doivent être rigoureusement analysées et contre-expertisées par les institutions publiques compétentes, notamment le ministère des Mines, l’ANAPI et d’autres services de l’État. L’objectif est clair : éviter que des exonérations fiscales « fantaisistes » ne privent l’État congolais de recettes essentielles.

Le président du CA de l’Odep s’interroge également sur les accords internationaux, notamment les accords dits de Washington. Il questionne la manière dont ces cadres préparent les projets miniers censés être bénéfiques pour la RDC :

« Qui les prépare, avec quelles techniques et dans quel intérêt réel pour le pays ? », s’interroge-t-il.

Pour lui, un projet minier doit avant tout être rentable pour l’État et pour les collectivités locales, à travers le paiement effectif des impôts, taxes, droits et redevances.

Florimond Muteba pointe aussi les faiblesses du régime déclaratif de la fiscalité congolaise. Il insiste sur la nécessité pour l’administration de disposer de capacités techniques solides afin de contrôler les déclarations de chiffre d’affaires, de revenus et de bénéfices des entreprises minières.

« L’État doit être en mesure de vérifier si ces déclarations reflètent la réalité, afin de taxer équitablement et d’encaisser sa juste part », martèle-t-il.

Au-delà des aspects techniques, l’acteur de la société civile dénonce la mauvaise gouvernance et la corruption qui gangrènent l’ensemble du cycle de vie des projets miniers, de l’octroi des permis à la commercialisation des minerais. Pour lui, l’amélioration de la gouvernance est la clé pour augmenter durablement les recettes minières.

Enfin, Florimond Muteba rappelle que le secteur minier, à lui seul, peut financer la diversification de l’économie congolaise.

« Avec les revenus miniers, la RDC peut investir dans des secteurs pro-pauvres comme l’agriculture, la santé, l’éducation, la sécurité et les infrastructures », affirme-t-il.

À condition, conclut-il, que la gouvernance soit assainie et que les recettes minières soient réellement captées au profit du développement national. 

Olivier Masini 

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