RDC : les exportations de cuivre reculent de près de 15 % au premier trimestre, tandis que le cobalt rebondit

0
2

La République démocratique du Congo (RDC), acteur majeur des chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais stratégiques, a enregistré une baisse sensible de ses exportations de cuivre au premier trimestre 2026, alors que les expéditions de cobalt affichent un net rebond après plusieurs mois de perturbations. Ces tendances contrastées confirment à la fois la résilience du secteur minier congolais et les défis persistants liés aux intrants industriels.

Selon des données logistiques consultées par Reuters, la RDC a exporté environ 955 000 tonnes de cuivre entre janvier et mars 2026, contre 1,09 million de tonnes à la même période en 2025, soit une baisse de 14,6 %. Ce recul intervient après une année 2025 particulièrement dynamique, durant laquelle le pays avait expédié près de 4,83 millions de tonnes de cuivre.

Deuxième producteur mondial de cuivre et premier producteur de cobalt, la RDC demeure un maillon essentiel de la transition énergétique mondiale, notamment pour les batteries électriques et les technologies propres. Les flux de cuivre en début d’année ont été soutenus par les grandes exploitations opérées notamment par Ivanhoe Mines, CMOC Group, Glencore et Sicomines.

En revanche, les exportations de cobalt ont suivi une trajectoire inverse. La RDC a expédié environ 48 800 tonnes de cobalt au premier trimestre 2026. Ce volume, bien qu’inférieur aux niveaux records de 2025, marque un rebond significatif après le gel temporaire des exportations observé l’an dernier. En 2025, le pays avait exporté environ 245 700 tonnes de cobalt, consolidant sa place de premier fournisseur mondial.

Cependant, le secteur fait face à une pression croissante sur l’approvisionnement en produits chimiques indispensables au traitement des minerais. Les importations de soufre, d’acide sulfurique et de soude caustique ont fortement diminué. Entre janvier et mars 2026, la RDC a importé environ 368 500 tonnes de soufre, 29 200 tonnes d’acide sulfurique et 3 900 tonnes de soude caustique, contre respectivement 414 600 tonnes, 113 000 tonnes et 7 300 tonnes un an plus tôt.

Cette contraction des intrants pourrait peser sur la production minière dans les prochains mois. Pour la RDC, l’enjeu est désormais de sécuriser la chaîne logistique minière afin de préserver son rôle stratégique sur le marché mondial du cuivre et du cobalt.

Article précédentRDC : le FPI confie à KPMG RDC l’assainissement de son portefeuille de prêts pour renforcer le recouvrement
Article suivantRDC : KoBold Metals lance une offensive historique dans le lithium avec l’intelligence artificielle à Manono

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici