Dans le territoire de Feshi, secteur de Lobo, dans la province du Kwango, le calvaire des enseignants et fonctionnaires de l’État devient insoutenable. Depuis novembre 2025, ces agents publics affirment n’avoir perçu aucun salaire, plongeant des centaines de familles dans une précarité alarmante.Chargée de la paie dans cette partie du pays, la microfinance catholique Eklezia Finance, partenaire de Ecobank, est vivement critiquée après le départ de ses agents payeurs sans avoir versé les salaires attendus. Selon les témoignages recueillis, l’enveloppe disponible était insuffisante pour couvrir tous les bénéficiaires.
Dans une correspondance adressée aux évêques de l’espace Grand Bandundu, la société civile locale dénonce une situation « inhumaine » et un profond sentiment d’abandon. Il rappelle que l’arrivée du véhicule d’Eklezia Finance avait suscité l’espoir auprès des enseignants avant de se transformer en humiliation.
À Lobo, plusieurs enseignants vivent désormais dans des conditions extrêmement difficiles. Certains peinent à nourrir leurs familles, à payer les soins médicaux ou encore à assurer la scolarité de leurs propres enfants. Dans cette région enclavée, le salaire représente souvent l’unique source de revenu stable.Cette crise relance également le débat sur la gestion de la paie des fonctionnaires en RDC. Entre les responsabilités du gouvernement central et celles des structures sous-traitantes, les victimes restent les agents de l’État, dont les droits les plus élémentaires continuent d’être bafoués. Pour les habitants de Lobo, une intervention urgente des autorités politiques et ecclésiastiques devient désormais indispensable.
Olivier Masini



