Une vive polémique secoue l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé (ARSP) en République démocratique du Congo. Le Collectif des agents et cadres de cette institution publique a officiellement saisi plusieurs hautes autorités du pays afin de dénoncer de présumés faits de détournement de fonds publics, de mégestion financière et de gouvernance opaque au sein de l’établissement.
Dans une correspondance adressée au président Félix Tshisekedi, à la Primature, à l’Inspection générale des finances (IGF), à la CENAREF ainsi qu’à plusieurs institutions judiciaires et parlementaires, les agents dénoncent une série de pratiques qu’ils jugent contraires aux règles de gestion des finances publiques en RDC.
Au cœur des accusations figure un montant estimé à plus de 100 millions de dollars américains qui auraient été décaissés entre 2023 et juin 2025 à travers des retraits en espèces et des opérations réalisées via un cabinet d’avocats. Selon les documents transmis aux autorités compétentes, près de 45 millions USD auraient été retirés pour la seule année 2023.
Le collectif des agents de l’ARSP évoque également des irrégularités fiscales importantes. Les auteurs de la dénonciation accusent la direction générale de ne pas avoir reversé à la Direction générale des impôts (DGI) des retenues fiscales effectuées sur les salaires des agents, pour un montant estimé à plus de 7 millions USD. Des cotisations sociales destinées à la CNSS n’auraient également pas été versées malgré les prélèvements opérés sur les rémunérations.
La crise interne serait aggravée par plusieurs mois d’arriérés de loyers et de frais de fonctionnement dans les directions provinciales de l’ARSP. Certains agents dénoncent aussi la suppression de primes statutaires et des paiements jugés sélectifs au sein de l’établissement public.
Les accusations portent en outre sur l’existence présumée de comptes bancaires parallèles ouverts dans une banque commerciale afin de contourner les mécanismes de contrôle financier imposés par la tutelle. Des soupçons de marchés publics attribués de gré à gré à des entreprises proches de la direction sont également mentionnés dans le dossier transmis aux autorités.
Le collectif réclame désormais un audit indépendant et approfondi de la gestion de l’ARSP par l’Inspection générale des finances et les organes de contrôle de l’État. À ce stade, la direction générale de l’ARSP n’a pas encore réagi officiellement à ces graves accusations qui suscitent déjà de nombreuses réactions dans l’opinion publique congolaise.



