La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a exprimé sa ferme opposition à toute initiative visant à réviser ou modifier la Constitution du 18 février 2006. Dans un message publié à l’issue de son Assemblée plénière extraordinaire tenue du 18 au 20 juin 2026 à Kinshasa, les évêques catholiques estiment que la République démocratique du Congo traverse une période critique marquée par l’insécurité, la crise sociale et les tensions politiques.
Selon la CENCO, la campagne menée en faveur du changement de la Constitution suscite de vives inquiétudes. Les prélats dénoncent une démarche qui, selon eux, pourrait ouvrir la voie à un nouveau cycle de mandats présidentiels et remettre en cause les acquis démocratiques obtenus après de longues années de crises politiques.
L’Église catholique considère notamment l’article 220 comme un rempart essentiel contre toute dérive autoritaire. Elle met en garde contre les conséquences d’un passage en force, évoquant des risques de division nationale, de tensions communautaires et même de guerre civile.Pour les évêques, la priorité du moment n’est pas la révision constitutionnelle mais plutôt le rétablissement de la paix dans l’Est du pays, l’amélioration des conditions de vie de la population, la cohésion nationale et le respect de l’ordre constitutionnel.La CENCO appelle le Président de la République à respecter le serment prêté de défendre la Constitution et invite les Congolais à demeurer vigilants face à toute tentative de modification des dispositions jugées intangibles. Elle réaffirme que le dialogue demeure la meilleure voie pour préserver la stabilité et l’avenir de la RDC.
Olivier Masini



