RDC : les disparités de rémunération fragilisent la justice sociale alerte Afrewatch

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La question des disparités salariales dans l’administration publique continue d’alimenter le débat en République démocratique du Congo. Un atelier de présentation note d’analyse sur les disparités des rémunérations des agents publics, a été présentée ce lundi 29 juin 2026 à Kinshasa par Afrewatch, membre de la coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV), met en lumière de profondes inégalités de rémunération entre les agents publics ainsi qu’un train de vie jugé excessif dans certaines institutions de l’État.Présentés devant des représentants des institutions publiques, des organisations syndicales, des ONG et des journalistes, les résultats de cette étude visent à contribuer à l’amélioration de la gouvernance budgétaire et au renforcement de la lutte contre la corruption.Selon Me Jean Keba Kangodie, directeur du plaidoyer d’Afrewatch, les écarts de rémunération observés sont contraires aux principes d’équité consacrés par la Constitution.

« Nous avons constaté de graves disparités de rémunération entre les agents publics, qu’ils relèvent du personnel politique, des fonctionnaires de carrière, des établissements publics ou des entreprises du portefeuille de l’État. Ces inégalités constituent une injustice, découragent les agents et nuisent à la qualité du service rendu aux citoyens. Nous avons également relevé un manque de transparence dans le calcul des salaires, des primes et des autres avantages sociaux », a-t-il déclaré.

L’étude cite notamment le cas de certains établissements publics où les présidents des conseils d’administration (PCA) et directeurs généraux (DG) perçoivent entre 30 000 et 37 000 dollars américains par mois, alors qu’un professeur d’université reçoit un salaire de base d’environ 400 000 francs congolais, complété par une prime d’environ 4 millions de francs congolais. Pour Afrewatch, cet écart illustre une profonde injustice sociale.Les syndicats présents ont salué cette étude, estimant qu’elle conforte leurs revendications en faveur d’une harmonisation des salaires dans la fonction publique.Pour Hubert Vininde, secrétaire général de la Confédération syndicale du Congo et membre de l’Intersyndicale nationale de l’administration publique (INAP), la solution passe par le respect des engagements pris entre le Gouvernement et le banc syndical.

« Nous demandons la rationalisation des salaires. Cette orientation figure déjà dans le document technique de politique salariale élaboré l’année dernière. Nous attendons la convocation de la commission paritaire afin de valider ce document et permettre son application », a-t-il expliqué.

Il a également rappelé que le Chef de l’État avait lancé les travaux de réforme salariale et que le ministère de la Fonction publique avait constitué une commission d’experts. Les syndicats espèrent une mise en œuvre effective de cette politique dès janvier 2027.De son côté, Nathalie Kombo, secrétaire générale du syndicat chargé de la Fédération des agents et fonctionnaires de l’État et membre de l’INAP, s’interroge sur le non-respect des conventions internationales ratifiées par la RDC.

« Nous ne comprenons pas pourquoi il existe de tels écarts de salaires et de primes entre les ministères. Le principe « à travail égal, salaire égal » n’est toujours pas appliqué en RDC. Beaucoup d’agents terminent plus de 15 ou 30 ans de carrière sans avoir réellement bénéficié d’un salaire de base digne », a-t-elle regretté.

L’étude dénonce également l’opacité entourant les rémunérations des plus hauts responsables de l’État. Afrewatch affirme n’avoir identifié aucun document officiel, au niveau des ministères du Budget et des Finances, détaillant les salaires du Président de la République, des présidents des deux chambres du Parlement, de la Première ministre, des ministres, des gouverneurs de province ou encore des mandataires des entreprises publiques.Afin de renforcer la transparence budgétaire et le contrôle citoyen, la coalition CNPAV appelle le Parlement à adopter la loi sur l’accès à l’information, toujours en attente d’examen. Pour Afrewatch, une meilleure transparence sur les rémunérations publiques constitue une étape essentielle pour réduire les inégalités sociales, restaurer la confiance des citoyens et promouvoir une gouvernance plus juste en République démocratique du Congo.

Olivier Masini

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