Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a décidé de surseoir à l’application de l’arrêté interministériel n°015 du 20 juillet 2026 relatif à la fiscalité du secteur numérique. L’annonce a été faite samedi soir par le ministère des Finances à travers un communiqué de sa cellule de communication, à la suite des nombreuses réactions suscitées par ce texte.
Selon les ministères des Finances et de l’Économie numérique, l’arrêté n’avait pas pour objectif d’imposer de nouvelles charges aux startups congolaises. Les autorités rappellent que ces dernières continuent de bénéficier des avantages fiscaux prévus par l’ordonnance-loi portant promotion de l’entrepreneuriat et des startups ainsi que par le Code du numérique. Elles estiment que plusieurs dispositions du texte ont fait l’objet de mauvaises interprétations et dénoncent une récupération tendancieuse du débat.
Cette décision intervient dans un contexte de forte mobilisation des acteurs de l’écosystème numérique. Plusieurs entrepreneurs, développeurs et organisations professionnelles avaient exprimé leurs inquiétudes, estimant que les nouvelles mesures risquaient de freiner l’innovation, l’investissement et la compétitivité des entreprises technologiques congolaises.
Le débat a également pris une dimension politique après la publication d’une tribune de l’opposant Martin Fayulu. Celui-ci avait soutenu que l’arrêté était susceptible de compromettre l’essor de l’économie numérique en RDC et de contredire les ambitions du pays en matière de promotion des startups.
En suspendant ce texte, le Gouvernement semble privilégier l’apaisement et le dialogue avec les parties prenantes. Cette surséance ouvre désormais la voie à de nouvelles consultations afin de concilier deux impératifs : renforcer la mobilisation des recettes publiques tout en préservant un environnement favorable à l’innovation, à l’entrepreneuriat numérique et à l’émergence d’une économie digitale compétitive en République démocratique du Congo.



