La répartition des 16 millions de dollars américains issus de la participation des Léopards de la RDC à la Coupe du monde 2026 suscite déjà des interrogations dans le milieu du football congolais. Vendredi 7 août, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) a rendu publique la ventilation de cette enveloppe, dans un exercice de transparence peu habituel.
Mais derrière les chiffres communiqués, certaines priorités retenues interpellent. Dans une tribune publiée samedi, Zéphyr Mukanya, ancien président de la Ligue des jeunes, questionne notamment la part réservée aux Léopards, l’absence de financement clairement identifié pour la formation ainsi que le silence autour du passif financier de la fédération.
10,72 millions USD orientés vers Kurara Mpova
Sur les 16 millions USD annoncés, 10,72 millions, soit 67 % de l’enveloppe, seraient destinés au projet de Kurara Mpova. Il ne resterait ainsi que 5,28 millions USD pour financer les autres priorités du football congolais.
Cette importante allocation soulève plusieurs questions. Zéphyr Mukanya estime notamment que des précisions devraient être apportées sur les modalités d’utilisation de ces fonds : procédure d’appel d’offres, cahier des charges, calendrier d’exécution et mécanismes de contrôle.
Léopards : 1 million USD après le Mondial 2026
Selon la répartition publiée, 1 million USD est destiné à l’équipe nationale A. La FECOFA ne préciserait toutefois pas clairement si cette enveloppe concerne uniquement les joueurs ou l’ensemble de la délégation ayant participé au Mondial.
Pour l’auteur de la tribune, cette somme apparaît relativement modeste au regard de la performance réalisée par les Léopards au Mondial 2026, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
En considérant une délégation élargie d’une soixantaine de personnes, la moyenne serait inférieure à 17 000 USD par bénéficiaire. Une comparaison qui alimente le débat sur la place accordée aux principaux acteurs de la performance sportive.
Formation et Direction technique nationale absentes ?
Autre sujet d’interrogation : aucune enveloppe spécifique ne serait explicitement consacrée à la Direction technique nationale (DTN) ou à la formation.
Une absence qui contraste, selon la tribune, avec l’ambition affichée de restructurer durablement le football congolais. La formation des jeunes, celle des éducateurs, le développement d’une philosophie de jeu et le renforcement des structures techniques constituent pourtant des leviers essentiels pour assurer la continuité des performances des sélections nationales.
Par ailleurs, 300 000 USD seraient prévus pour la Linafoot, le football féminin et les jeunes, tandis que 2,6 millions USD seraient orientés vers les ligues provinciales.
Le passif financier de la FECOFA reste en question
Au-delà de la répartition, Zéphyr Mukanya relève également l’absence d’informations détaillées concernant les éventuelles dettes de la FECOFA, notamment certains arriérés et contentieux antérieurs.
La publication des chiffres constitue certes un pas vers davantage de transparence. Mais pour convaincre, la FECOFA devra probablement aller plus loin en précisant les critères d’allocation, les bénéficiaires, les mécanismes de décaissement et surtout les dispositifs de contrôle.
Avec 16 millions USD, le débat dépasse finalement la simple répartition financière : il porte sur la stratégie choisie pour transformer une performance historique des Léopards en investissement durable pour l’avenir du football en RDC.



