RDC : le projet hydroélectrique de Kibombo à 662 millions USD au cœur de tensions à la SNEL

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Le projet de construction de la centrale hydroélectrique de Kibombo, dans le Kongo-Central, suscite des tensions entre le Conseil d’administration et la Direction générale de la Société nationale d’électricité (SNEL). En cause , des soupçons de conflit d’intérêts, le respect des procédures d’approbation et l’augmentation du coût prévisionnel de cet investissement stratégique.

D’une capacité projetée de 246 mégawatts, la centrale hydroélectrique de Kibombo devait contribuer à réduire le déficit énergétique de Kinshasa. Mais sa mise en œuvre soulève plusieurs interrogations relatives à la gouvernance du projet.

Selon des correspondances attribuées au président du Conseil d’administration de la SNEL, Luc Badibanga Mwanza, des éclaircissements ont été demandés sur l’actionnariat de l’entreprise partenaire, désignée sous les noms de Tega Power et Twiga Power dans les documents communiqués.

Les interrogations portent notamment sur les liens présumés entre une collaboratrice du cabinet du Directeur général et cette entreprise. Le Conseil d’administration évoque un possible conflit d’intérêts qui n’aurait pas été déclaré lors de l’examen du dossier.

Ces allégations restent contestées par le Directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba Muba, qui remet en question leur fondement juridique.

Autre point de préoccupation, l’évolution du coût prévisionnel du projet. Initialement estimé à 442 millions de dollars américains, l’investissement atteindrait désormais 662 millions USD, selon les éléments examinés par le Comité d’audit en janvier 2026. Cette réévaluation représente une augmentation de 220 millions USD, soit près de 50 % du montant initial.

Le Conseil d’administration avait pourtant subordonné la réalisation du projet à plusieurs préalables, notamment des études techniques et financières approfondies, un schéma de financement consolidé et un contrat d’achat d’électricité. Des documents internes reprochent à la Direction générale d’avoir poursuivi certaines démarches contractuelles sans validation préalable de ces conditions.

De son côté, Teddy Lwamba Muba soutient que la validation d’un tel investissement relève de plusieurs instances décisionnelles et ne peut être engagée par le seul Directeur général.

Il affirme également qu’aucun contrat d’agrégation énergétique n’a été signé avec Twiga Power.

Malgré ces divergences, le projet conserve un intérêt stratégique pour l’approvisionnement électrique de Kinshasa. Le dossier a été porté à l’attention de l’État actionnaire unique, appelé à examiner les préoccupations soulevées.

Au-delà des tensions internes, l’affaire pose la question de la transparence et de la gouvernance des grands investissements énergétiques publics en RDC.

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