RDC : Ebola, plus de 700 millions USD non retracés alors que les agents de santé réclament leurs salaires

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Alors que la République démocratique du Congo fait face à une épidémie d’Ebola particulièrement meurtrière, une controverse financière secoue la riposte sanitaire. Sur 962 millions de dollars annoncés comme décaissés par les partenaires internationaux, plus de 700 millions restent insuffisamment retracés. Une situation qui soulève de sérieuses interrogations sur la transparence des financements, pendant que des agents mobilisés sur le terrain dénoncent des arriérés de rémunération.

962 millions USD décaissés, mais une traçabilité préoccupante

L’alerte a été donnée le 14 octobre 2026 à Kinshasa par le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le docteur Jean Kaseya.

Selon les chiffres présentés, les partenaires internationaux auraient décaissé 962 millions de dollars pour soutenir la riposte contre Ebola en RDC. Pourtant, les opérations de vérification menées avec les autorités sanitaires congolaises n’ont permis de retracer qu’environ 200 millions de dollars auprès des organisations chargées de mettre en œuvre les interventions.

Plus de 700 millions de dollars restent ainsi à documenter

Cette situation révèle d’importantes insuffisances dans les mécanismes de déclaration et de suivi des financements humanitaires. Moins de 30 % des organisations concernées auraient participé à la réunion de vérification organisée par l’Institut national de santé publique.

Autre précision majeure : selon Africa CDC, ces ressources ont été directement versées aux partenaires opérationnels et non au gouvernement congolais. À ce stade, l’absence de traçabilité ne constitue donc pas une preuve de détournement. Elle traduit néanmoins un déficit de transparence qui appelle des explications documentées.

Des agents impayés au cœur d’une épidémie meurtrière

Cette controverse intervient dans un contexte sanitaire particulièrement préoccupant.

Selon les données arrêtées au 18 octobre 2026, la RDC enregistrait 9 552 cas confirmés d’Ebola, dont 4 602 décès, soit une létalité d’environ 48,2 %. L’épidémie, provoquée par la souche Bundibugyo, touche désormais huit provinces. L’Ituri demeure le principal foyer de contamination, tandis que le Nord-Kivu connaît une progression préoccupante des nouveaux cas.

Sur le terrain, les difficultés financières compliquent davantage la riposte

À Bunia, des agents de santé mobilisés dans les structures de prise en charge ont dénoncé des retards de paiement. Ces revendications mettent en lumière le contraste entre l’ampleur des financements annoncés et les difficultés rencontrées par les équipes de première ligne.

La surveillance épidémiologique demeure également sous pression. Le taux national de suivi des contacts était estimé à 76,9 %, révélant les défis persistants pour interrompre les chaînes de transmission.

Les organisations internationales appelées à rendre des comptes

Face aux insuffisances constatées, les autorités sanitaires congolaises et Africa CDC réclament une meilleure justification des fonds mobilisés. L’enjeu consiste notamment à établir les montants effectivement reçus par chaque organisation, les dépenses réalisées, les ressources encore disponibles et les résultats obtenus. Les informations rendues publiques font également état d’un renforcement des exigences d’accréditation des organisations intervenant dans la riposte.

Au-delà de la controverse actuelle, cette situation pose une question fondamentale : comment garantir que les financements internationaux destinés aux urgences sanitaires bénéficient effectivement aux populations et aux équipes engagées sur le terrain ?

Une crise de transparence qui exige des réponses

Pour la RDC, l’enjeu dépasse la seule justification comptable

La traçabilité des financements, le paiement régulier des intervenants et l’efficacité des opérations sanitaires constituent des conditions essentielles pour restaurer la confiance.

Face à une épidémie qui continue de faire des victimes, chaque dollar mobilisé doit pouvoir être justifié et chaque intervention évaluée. La transparence financière n’est plus seulement une exigence de gouvernance : elle devient une composante indispensable de l’efficacité de la riposte contre Ebola.

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