RDC: Congo Airways est-elle en train de couler à flot?

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Lancée en grande pompe sous Matata, alors Premier ministre, Congo Airways, compagnie nationale aérienne de la République Démocratique du Congo, était destiné à un bel avenir, avec quatre aéronefs sur la grille de départ (deux Airbus A320 et deux bombardiers). Avec le départ de Matata de la Primature, suivi en janvier 2019 du changement de décor à la tête du pays, Congo Airways a commencé sa descente aux enfers. 

La chasse aux sorcières qui s’en est suivie, avec pour seule motivation d’écarter la gouvernance laissée par Matata, a fini par plonger l’entreprise dans un trou noir. On pensait qu’un partenariat avec Kenya Airways relancerait enfin la compagnie. Mais, jeudi dernier, contre toute attente, Kenya Airways a récupéré ses deux avions, exploités en leasing par Congo Airways. A ce jour, la compagnie opère difficilement avec un seul avion (Airbus A320), submergée en même temps par une ardoise salée qui affiche 30 millions USD de dette. A Congo Airways, après Matata, c’est le déluge.

Il a impulsé l’idée de création d’une compagnie nationale d’aviation pour la République Démocratique du Congo. Avec détermination, Matata Ponyo Mapon a doté la nation de cet outil, une fierté nationale, Congo Airways.

Heureusement qu’il avait réussi cet exploit alors qu’il était encore Premier ministre. S’il avait traîné les pieds, on se serait retrouvé avec la situation du Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo où une main noire a mis en œuvre, après novembre 2016, une stratégie machiavélique pour condamner le projet à la déroute.

Congo Airways a survécu parce que Matata était encore aux affaires, au moment de son lancement. Le projet a fini par atteindre sa maturité, alignant à son lancement quatre aéronefs, dont deux Airbus A320 et deux bombardiers, acquis sur fonds propres de la République.

Les Congolais pouvaient enfin voyager en toute sécurité avec l’avion aux couleurs de leur drapeau. Lorsqu’on regarde l’ardoise de l’endettement, elle n’est pas noircie. Aucune dette contractée pour ces acquisitions, mais à la place, quatre aéronefs en état de desservir toutes les destinations de la RDC, un pays continent, en respectant les horaires préalablement établis.

Le Congolais avait retrouvé le bonheur de voyager par avion comme à la belle époque d’Air Zaïre. Le «léopard volant » était de retour, avec l’ambition d’étendre ses ailes en Afrique et au-delà du continent noir.

Les avions de Congo Airways subissent régulièrement des contrôles, faisant poindre à l’horizon, la probabilité d’une sortie de la liste rouge de n’importe quelle autorité de l’aviation civile. L’espoir était permis.

Malheureusement dans ce pays, un projet qui réussit attire des ennuis à celui qui l’a piloté. Tout est fait pour que des personnes compétentes laissent le projet – pourtant prospère – entre les mains des prédateurs, des incompétents.

Avec la complicité du nouveau «gendarme financier » du régime, en l’occurrence l’Inspection générale des finances (IGF), des dossiers montés de toutes pièces ont été lancés pour écarter de la gouvernance de Congo les gestionnaires issus de l’ère Matata. Le tour a été joué. Mais, les dégâts ne se sont pas fait attendre. Congo Airways vit actuellement cette cruelle situation. Matata parti, il fallait effacer les traces qu’il avait laissées pourvu qu’on ne parle plus de lui. C’est ainsi que de nouveaux mandataires ont été nommés. Comme la compétence n’était pas le critère le plus important, Congo Airways a amorcé sa chute libre.

Le coup dur

Un partenariat conclu en 2021 avec Kenya Airways devait relancer Congo Airways. Mais, coup de tonnerre, jeudi dernier, lorsque Kenya Airways a décidé, sans ménager, de rapatrier ses deux avions Embraer à Nairobi.

Selon des indiscrétions, Kenya Airways a invoqué l’insolvabilité de la partie congolaise qui n’a pas pu honorer son engagement du contrat de leasing, avec promesse d’achat, conclu avec Kenya Airways. Ce que rejette Congo Airways qui justifie, dans un communiqué, le retrait de Kenya Airways Congo Airways pour «des raisons strictement opérationnelles».

Quoi qu’amputé de deux aéronefs, Congo Airways rassurait cependant que «ce fait n’aura aucune incidence sur la continuité de ses services». Avant d’afficher un optimisme béat : «Votre compagnie aérienne nationale vous informe également que sa flotte sera renforcée par le retour imminent de son Airbus A320 se trouvant au Maroc pour entretien ainsi qu’un A319 en leasing pouvant transporter 150 passagers».

C’est dire qu’à ce jour, Congo Airways ne dispose plus d’une flotte de quatre avions, comme à son lancement. Il n’y a plus qu’un seul en état de prendre les airs, un Airbus A320 qui dessert tous ses escales de la RDC. Bref, un «fulafula» aérien qui fait, sans repos, le tour de la RDC, dans une incertitude sécuritaire sans commune mesure.

Comme pour condamner cette société, une lourde dette de 30 millions de dollars américains l’étreint. Pour se relever, ça ne sera pas facile. Il serait maladroit de priver l’Etat de cet important outil lui légué par l’un de ses dignes fils qui n’attend plus que de recevoir la confiance de ses compatriotes pour relever des défis réels face auxquels le peuple est confronté.

A tout prendre, la chute de Congo Airways est à l’image de la RDC qui, chaque jour qui passe, perd de plus en plus les acquis d’une nation, vouée il y a quelques années, à un avenir plus beau qu’avant.

Tsieleka.com/Econews

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