Mbuji-Mayi: le retard des travaux de dragage de la rivière Lubi risque d’asphyxier l’économat du peuple et provoquer la hausse de prix sur le marché

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Depuis le mois d’avril 2020, les marchés de Mbuji-Mayi et ses environs dans la province du Kasaï Oriental vibrent au rythme des approvisionnements en produits de première nécessité avec pour avantage de rabattre les prix. 

Cette réalité aujourd’hui palpable est le fruit du projet y relatif financé par le Fonds de Promotion de l’Industrie, dans le cadre du programme des 100 jours d’urgence du chef de l’Etat.

En janvier 2020, le FPI avait octroyé un financement à hauteur d’un million de dollars aux Etablissements Malila Nzenze Congo Communication pour construire des barges en vue de transporter des produits tels que le ciment, la farine de froment, le sel ou le riz vers Mbuji-Mayi. L’objectif était aussi d’inonder les marchés et lutter contre la hausse exagérée des prix. Ce montant représentait 57% du coût global du projet, les 47 restants revenant au promoteur.

Le projet entre ainsi en activité en avril de la même année avec le lancement du premier convoi vers le port de Ndomba. Le lieu où les marchandises sont acheminées sur Mbuji-Mayi pour leur écoulement à partir d’un économat du peuple aménagé pour ce faire. Plus de trois autres convois ont suivi, et depuis lors, on observe une nette chute des prix de ces produits.

Par exemple, un sac de ciment qui se vendait à plus de 30 dollars coûte désormais 22 dollars maximum avec pour objectif de se rabattre jusqu’à 18 dollars. Actuellement, les revendeurs achètent à 20 dollars à l’économat du peuple ouvert par Malila Nzenze pour revendre avec un intérêt ne dépassant pas 2 dollars. Un sac de ciment qui se vendait jusqu’à 32 dollars coûte aujourd’hui 22 dollars avec objectif de descendre jusqu’à 18 dollars, et le sac de riz de 50 Kilos a chuté de plus de 70 dollars à 58 dollars. La farine de froment coûte désormais 40 dollars pour le petit sac qui coûtait auparavant plus de 50 dollars, et celui grand format revient à 63 dollars contre plus de 80 dollars auparavant.

Cette performance est saluée de vive voix par la population de Mbuji-Mayi. L’administrateur du grand marché ex- Simis s’en réjouit aussi et demande vivement que ce projet soit étendu sur l’ensemble de la province et que les points de vente soient multipliés.

Cependant, le projet Malila Nzenze est aujourd’hui confronté à une difficulté majeure. Celle d’évacuation des produits de Ndomba, le port d’accostage des bateaux, vers Mbuji-Mayi.

« Cette difficulté est apparue lors de la dernière saison sèche qui a provoqué un grave étiage de la rivière Lubi, rendant impossible la navigation entre lusambo et Ndomba. Malila Nzenze a dû disponibiliser des camions pour transporter les marchandises de Lusambo par voie routière, mais là aussi l’état des voies est tellement impraticable que les convois sont bloqués plusieurs jours en cours de route, asphyxiant ainsi les marchés. Les camions mettent, en effet, plus d’une semaine en aller et retour« , affirme Michel Ilumbe, responsable de l’économat du peuple.

Ce dernier appelle à l’intervention des autorités compétentes pour que la rivière Lubi soit draguée au plus vite afin que les bateaux recommencent à accoster au port de Ndomba, situé à proximité de Mbuji-Mayi. De là, la voie routière est praticable.

Selon une source au FPI, les travaux de dragage et de désensablement ont été confiés à la Régie des voies fluviales qui traîne à démarrer les travaux.

Rédaction

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