Après deux jours de négociation sur la question du Grand Barrage de la Renaissance (GERD) sous la médiation de Félix Tshisekedi en tant que président en exercice de l’Union africaine, aucune avancée n’a été enregistrée. Les trois parties ne se sont pas mises d’accord sur la construction de ce barrage.
Selon le communiqué final, les participants se sont limités à remercier le président de la république Félix Tshisekedi. Pas grand chose de plus.
La réunion de Kinshasa avait pour objectif de poursuivre les pourparlers tripartites entre la République Arabe d’Egypte, la République Fédérale Démocratique d’Ethiopie et la République du Soudan, sous la médiation congolaise. Elle intervient deux cycles de négociations produite sous la présidence sud-africain Cyril Ramaphosa. Ces trois pays ont été représentés par leurs experts au niveau ministériel pendant les deux jours de pourparlers.
Annoncé au grand public au début de l’année 2011, le projet du barrage de la Renaissance a officiellement vu le jour en 2013. Pour l’Éthiopie, pays longtemps touché par la famine, ce projet est synonyme d’un essor économique longuement désiré.
À la fin de sa construction, le barrage, de plus de 170 mètres de hauteur, possédera un réservoir ayant une capacité de 75 milliards de mètres cubes d’eau, faisant de lui le plus grand barrage d’Afrique.
Refusé par les bailleurs de fonds internationaux, le projet de 4,8 milliards de dollars est exclusivement financé par le gouvernement éthiopien. L’investissement colossal du gouvernement permettra de produire 6000 MWh par année. Grâce à ce projet, l’Éthiopie est d’ailleurs devenue le pays africain possédant la plus grande puissance hydroélectrique.
Une source de conflit avec les pays voisins
Depuis son inauguration, le barrage de la Renaissance est au cœur des tensions entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan. D’une part, les deux pays traversés par le Nil clament leurs droits historiques sur le fleuve. Effectivement, le traité de 1902 sur le partage des eaux du Nil reconnaît un droit de véto à l’Égypte. En 1929, un accord conclu entre l’Égypte et le Soudan a pour sa part octroyé la majorité du pouvoir sur le cours d’eau à ces deux pays. De son côté, l’Éthiopie conteste ces droits historiques et considère qu’ils sont désuets.
D’autre part, l’Égypte s’inquiète des conséquences à court et à long terme de la construction du barrage. La construction de celui-ci, et plus spécifiquement le remplissage de son réservoir, menace de diminuer le débit et le niveau d’eau du Nil. Dans un premier temps, l’abondance de l’eau est essentielle pour l’agriculture et l’alimentation du pays. Le secteur agricole égyptien dépend à plus de 80 % de l’eau du Nil. D’ailleurs, ce chiffre augmente considérablement en période de décrue des eaux.
Tsieleka



