RDC: le gouvernement s’engage pour un commerce international plus fluide et stratégique

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Une série d’ordonnances présidentielles annoncées par Tina Salama, porte-parole du Chef de l’État, a marqué un tournant pour la politique environnementale de la République Démocratique du Congo. Parmi elles, la création de l’Autorité de Régulation du Marché du Carbone (ARMCA), une institution publique destinée à structurer, encadrer et dynamiser un secteur en pleine émergence.

Portée par les recommandations du gouvernement, la mise en place de l’ARMCA répond à un impératif économique et environnemental; permettre à la RDC de tirer un véritable bénéfice de ses actifs forestiers, qui représentent à eux seuls 62 % du bassin du Congo, le deuxième plus grand puits de carbone au monde. Jusque-là, le manque de cadre réglementaire et de transparence avait freiné les investissements et limité les retombées financières pour l’État congolais.

Un exemple frappant a été cité par la ministre de l’Environnement, Ève Bazaiba, une vente initiale de crédits carbone n’a rapporté que 1,6 million de dollars, dont seulement 100 000 dollars sont revenus au Trésor public, faute d’une gouvernance claire du secteur.

L’ARMCA, dont la mission principale est de créer un registre national des crédits carbone et d’assurer la transparence des transactions, sera dirigée par Jacques Célestin Moliba Bakanza, nommé président du conseil d’administration. Il sera accompagné de Guy Ntimba Binsimpi (Directeur Général) et de Fifi Likunde Mboyo (Directrice Générale Adjointe).

Le conseil d’administration compte aussi Ferdinand Masamba wa Masamba, André Kibambe Kikangala et Joseph Longunza Malasi, des profils variés qui reflètent une volonté de professionnalisation du secteur.

La mise en place de cette autorité constitue un signal fort à destination des investisseurs locaux et internationaux. En encadrant les mécanismes de fixation des prix, en fournissant des données fiables sur les actifs forestiers et en assurant une redistribution claire des revenus issus de la vente de crédits carbone, la RDC espère gagner la confiance des marchés.

Dans un contexte où le financement climatique mondial se tourne vers les solutions basées sur la nature, la RDC entend se positionner comme un acteur incontournable. Le pays, qui abrite près de 155 millions d’hectares de forêts tropicales, dispose d’un potentiel gigantesque, estimé à plusieurs milliards de dollars en crédits carbone.

Au-delà des chiffres, l’enjeu est aussi local : les revenus issus du marché du carbone pourraient financer des projets de développement communautaire, des infrastructures rurales, ou encore renforcer les capacités des collectivités territoriales en matière de gestion forestière durable.

Pour les jeunes entrepreneurs congolais, notamment ceux du secteur vert, l’ARMCA pourrait créer un environnement plus prévisible et structurant, avec des opportunités accrues dans la mesure, la certification, et la gestion de projets REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts).

La balle est désormais dans le camp de la ministre d’État Ève Bazaiba, chargée de la mise en œuvre de cette ordonnance. Le succès de l’ARMCA reposera sur sa capacité à créer rapidement les textes d’application, à opérationnaliser le registre des crédits carbone et à dialoguer avec les parties prenantes, des ONG environnementales aux entreprises forestières.

En créant l’ARMCA, la RDC fait un pas résolu vers l’économie verte et envoie un message clair : les ressources naturelles du pays ne doivent plus être bradées, mais valorisées de manière transparente et bénéfique pour tous. Une ambition qui, si elle est concrétisée, pourrait transformer en profondeur la manière dont le pays gère son capital naturel.

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