RDC: Un potentiel économique freiné par une fiscalité peu efficace

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Malgré une croissance économique soutenue, la République démocratique du Congo peine à transformer cette dynamique en réduction tangible de la pauvreté et en création d’emplois durables. Selon le dernier rapport économique de la Banque mondiale pour la RDC, publié ce mardi, l’une des pistes clés pour y remédier réside dans la rationalisation des incitations fiscales.

Intitulé « Réévaluer les incitations fiscales — Des résultats en deçà des promesses de croissance et d’équité », le rapport salue la résilience économique du pays, avec un taux de croissance du PIB de 6,5 % en 2024. Ce chiffre, bien que robuste, reste inférieur à la moyenne de 7,9 % enregistrée entre 2021 et 2023, période marquée par l’essor du secteur minier, notamment du cuivre et du cobalt.

Un coût fiscal trop élevé pour de faibles retombées sociales

Si la croissance est au rendez-vous, les recettes fiscales restent faibles : elles ne représentent que 12,5 % du PIB, contre 16 % en moyenne pour l’Afrique subsaharienne. Le rapport pointe du doigt les incitations fiscales accordées aux entreprises, responsables d’un manque à gagner estimé à 5 % du PIB, soit un tiers des recettes fiscales ou trois fois le budget national de la santé.

Ces dérogations fiscales, présentées comme des leviers d’investissement, bénéficient majoritairement aux grandes entreprises, sans retombées significatives pour les ménages vulnérables ni le tissu entrepreneurial local. En outre, elles manquent de transparence et ne font l’objet que de peu d’évaluations.

Des réformes nécessaires pour une fiscalité plus juste

Pour la Banque mondiale, la solution passe par une réforme profonde de la politique fiscale. Elle recommande notamment de simplifier les règles fiscales et harmoniser les taux d’imposition ; de remplacer les incitations basées sur le profit par des dispositifs fondés sur les coûts d’investissement  et enfin de renforcer la transparence et l’évaluation des dérogations fiscales.

Ces mesures pourraient non seulement accroître les recettes intérieures, mais aussi créer un cadre plus équitable et prévisible pour les investisseurs, tout en finançant les dépenses sociales et les infrastructures de base.

Une opportunité pour la vision de développement du pays

« La RDC possède un immense potentiel économique. Pour parvenir à une croissance inclusive et durable, le pays doit accroître ses recettes intérieures, rationaliser les incitations fiscales et investir dans les services sociaux », a déclaré Albert Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC.

Alors que le gouvernement Tshisekedi multiplie les efforts pour moderniser la gouvernance économique, cette feuille de route fiscale pourrait constituer un véritable tremplin vers une croissance plus inclusive, plus stable et au service de la population congolaise.

De favre

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