Banque Centrale du Congo : Recettes en hausse de 30 % en 2024, mais un déficit persistant pèse sur les finances publiques

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La Banque centrale du Congo (BCC) a publié son rapport annuel sur la politique monétaire 2024, dévoilant des performances contrastées des finances publiques. Malgré une hausse record des recettes de 30 %, le déficit budgétaire demeure une réalité pour l’économie congolaise.

En 2024, les recettes publiques ont atteint 26.381,3 milliards de CDF, dépassant largement les prévisions. Les régies financières, notamment la Direction générale des impôts (DGI) et la DGRAD, ont enregistré des performances remarquables, avec des plus-values respectives de 13,8 % et 13,9 %. Toutefois, les recettes douanières et celles des pétroliers producteurs ont connu des baisses notables, de 4,8 % et 14,2 %, freinant un potentiel meilleur résultat.

Côté dépenses publiques, l’État a déboursé 28.937,0 milliards de CDF, soit une hausse de 26,6 % par rapport à 2023. Ce dépassement s’explique par plusieurs facteurs : les besoins sécuritaires accrus, l’installation des nouvelles institutions issues des élections de décembre 2023, ainsi que des états généraux imprévus dans certains ministères. À cela s’ajoutent des investissements majeurs dans les infrastructures routières et les projets d’intérêt général, renforçant le rôle des dépenses en capital.

Malgré ces efforts, les opérations financières de l’État se sont soldées par un déficit de 2.555,7 milliards de CDF, légèrement inférieur aux prévisions (2.796,9 milliards) et au déficit de 2023 (2.868,3 milliards). Le Trésor a tout de même connu quatre excédents mensuels, avec un pic en avril grâce aux échéances fiscales, mais des déficits marqués ont été enregistrés en mai et décembre.

Ce rapport de la BCC sur la politique monétaire souligne l’urgence de réformes structurelles pour équilibrer les finances publiques et soutenir la croissance économique. La performance des régies financières montre le potentiel de mobilisation interne des recettes, mais le poids des dépenses, notamment sécuritaires et infrastructurelles, continue de creuser le déficit budgétaire.

Avec une croissance soutenue des recettes et une légère réduction du déficit, 2024 laisse entrevoir des perspectives positives, à condition que des réformes structurelles accompagnent ces efforts financiers.

 Olivier Masini 

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