RDC : les exportateurs demandent d’urgence des clarifications sur les nouvelles règles sur le cobalt

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A cross section of a lithium battery pack in an exhibition area during a media tour at the Tianneng Battery Group Co. facility in Huzhou, Zhejiang province, China, on Wednesday, April 14, 2021. Tianneng Battery Group researches, designs and produces new energy vehicle lithium batteries and automobile start stop batteries. Photographer: Qilai Shen/Bloomberg

La Chambre des mines de la RDC tire la sonnette d’alarme. Face à la confusion provoquée par les nouvelles règles d’exportation du cobalt, elle appelle à une réunion urgente avec le gouvernement pour éviter des retards majeurs dans les livraisons et protéger la chaîne d’approvisionnement mondiale en batteries électriques.

Depuis le 16 octobre, la RDC qui fournit plus de 70 % du cobalt mondial a lancé un système de quotas d’exportation, fixant une limite de 18 125 tonnes pour le dernier trimestre 2025, et un plafond annuel de 96 600 tonnes à partir de 2026. Les géants chinois CMOC et le suisse Glencore se sont vu attribuer les plus gros volumes, tandis que l’ARECOMS (Autorité de régulation des exportations de cobalt et minerais stratégiques) a réservé 10 % pour une réserve stratégique.

Mais aucune cargaison n’a encore quitté le pays. En cause : des exigences jugées opaques, comme le paiement anticipé de 10 % de redevance sous 48 heures et l’obtention d’un certificat de conformité avant toute exportation. Selon une lettre adressée au ministre des Mines le 5 décembre, la Chambre des mines dénonce de « sérieuses difficultés » à appliquer ces mesures et demande des éclaircissements sur la légalité des prépaiements et la validité des nouveaux documents exigés.

« Toute mesure perçue comme contraire au Code minier, notamment le prépaiement des redevances, pourrait saper la confiance des opérateurs et nuire à la crédibilité de la RDC à l’international », prévient la lettre.

Cette incertitude réglementaire intervient alors que le prix du cobalt hydroxide a bondi de plus de 80 % depuis février, conséquence directe des restrictions imposées par Kinshasa. Le cobalt, composant essentiel des batteries pour véhicules électriques, est crucial pour des entreprises comme Tesla, BYD ou CATL, fortement dépendantes de l’approvisionnement congolais.

Un analyste chinois estime que les premières exportations sous le nouveau régime ne débuteront pas avant avril 2026, en raison des lenteurs administratives et de l’état des infrastructures routières.

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