RDC : 34 millions USD de pertes sur les produits pétroliers au T3-2025, quelles conséquences économiques et sociales ?

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Le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié, le 17 décembre 2025, des pertes et manques à gagner (PMAG) estimés à 34 millions USD dans la zone Ouest de la RDC pour le troisième trimestre de l’année. Ce chiffre, bien que provisoire, soulève des questions sur l’efficacité de la régulation des prix des carburants et ses impacts sur l’économie nationale.

Les pertes enregistrées révèlent une pression continue sur les finances publiques. L’État congolais est contraint de compenser les sociétés pétrolières pour maintenir des prix stables à la pompe, dans un contexte de volatilité des cours internationaux. Cette situation pèse lourdement sur le budget national, limitant la marge de manœuvre pour d’autres dépenses prioritaires comme l’éducation ou la santé.

Les PMAG régulièrement certifiés témoignent d’une certaine transparence dans la gestion du secteur. Toutefois, ils traduisent aussi une fragilité structurelle : le modèle économique actuel repose sur des subventions indirectes qui freinent la libéralisation du marché et dissuadent les investissements étrangers. Un environnement instable ou mal réglementé accroît les risques perçus par les opérateurs pétroliers.

Sur le plan social, la régulation des prix vise à protéger les consommateurs des hausses brutales. Mais elle crée également un effet pervers : les retards de compensation peuvent entraîner des ruptures de stock, notamment dans les zones reculées, affectant la mobilité, l’accès aux services et l’activité économique locale. La disponibilité irrégulière du carburant fragilise aussi les petits transporteurs et les acteurs informels, déjà vulnérables.

Le ministère de l’Économie se montre optimiste, estimant que les PMAG sont en baisse depuis 2024 grâce aux réformes en cours. Toutefois, ces efforts doivent être consolidés par une révision en profondeur du système de fixation des prix et des mécanismes de compensation. Une meilleure planification budgétaire et une transition vers des solutions énergétiques plus durables pourraient réduire la dépendance aux subventions.

La certification attendue en janvier 2026 pour le quatrième trimestre offrira une vue d’ensemble des pertes sur l’année. Cette étape est cruciale pour orienter les choix budgétaires et énergétiques de 2026. Une gouvernance plus rigoureuse, une transparence accrue et un dialogue ouvert avec les acteurs du secteur seront essentiels pour améliorer la résilience économique.

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