La coalition « Le Congo n’est pas à vendre » tire la sonnette d’alarme dans une analyse publiée ce vendredi 17 avril 2026 sur le projet Sicomines, devenu, selon elle, un symbole criant du manque à gagner pour l’État congolais. Derrière ce partenariat minier présenté comme stratégique, se cache une réalité économique défavorable à la République démocratique du Congo.Depuis la signature de l’avenant 5 en 2024, le pays aurait déjà perdu plus de 400 millions de dollars, soit près d’un demi-million USD chaque jour. En cause : un mécanisme de financement des infrastructures qui plafonne les revenus de l’État, même lorsque les prix du cuivre flambent sur le marché international.Alors que la Sicomines exporte des volumes record et profite de la hausse du cuivre entre 2023 et 2025, les recettes congolaises restent figées à environ 324 millions USD par an pour les infrastructures. Un système qui pénalise doublement le pays : il absorbe les baisses du marché, sans bénéficier pleinement des hausses.Les chiffres sont éloquents : entre 2024 et 2026, le manque à gagner est estimé à 412,6 millions USD. À long terme, les pertes pourraient dépasser 2,3 milliards USD, fragilisant davantage les capacités d’investissement de l’État dans les secteurs clés comme les routes, la santé ou l’éducation demeurent largement inférieurs aux attentes, remettant en question le principe de partenariat « gagnant-gagnant ».Au-delà des pertes financières, c’est le déséquilibre structurel du contrat qui est pointé du doigt. Depuis 2008, seulement 822 millions USD ont été investis dans les infrastructures, contre plus de 13 milliards USD de chiffre d’affaires généré par le projet.Face à cette situation, l’audit annoncé apparaît comme une étape cruciale, mais insuffisante. La coalition appelle à une renégociation urgente pour garantir un partage équitable des revenus.
Olivier Masini



