RDC : le CNPAV alerte sur l’opacité des appels d’offres pétroliers

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La coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) a organisé, jeudi 2 juillet 2026 à Kinshasa, une matinée d’échanges consacrée aux appels d’offres de 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers lancés par le Gouvernement congolais en 2022. Placée sous le thème « Appels d’offres du secteur des Hydrocarbures en RDC : Risques de dettes plutôt que des recettes », cette rencontre a réuni les institutions publiques, l’ITIE-RDC, les organisations de la société civile, les entreprises de l’amont pétrolier ainsi que les partenaires techniques et financiers.L’objectif était d’évaluer la gouvernance du secteur des hydrocarbures, d’analyser les causes de l’échec du processus d’appels d’offres et d’identifier les réformes nécessaires pour garantir une exploitation transparente et rentable des ressources pétrolières et gazières de la RDC.Selon le CNPAV, le processus demeure marqué par des violations des procédures légales, un déficit de transparence, l’absence de données géologiques fiables, une incertitude sur les blocs concernés et des pratiques opaques ayant déjà entraîné des pertes estimées à 910 millions de dollars américains pour l’État congolais.

« Il était question de faire un état de lieu du processus d’appels d’offres qui était lancé en 2022 et en 2024 le processus était suspendu. Après échange, nous nous sommes dit qu’il est important de modéliser pour répondre aux vrais besoins de la population. Il faut avoir une version et une politique nationale claire sur les hydrocarbures en RDC mais aussi de mettre en avant l’expertise que la politique parce que le secteur est très technique », a souligné Lewis Yola, assistant anti-corruption de Ressources Matters.

Pour sa part, Jean-Jacques Kayembe, coordonnateur national de l’ITIE-RDC, estime qu’une réforme du cadre réglementaire s’impose afin de stimuler l’exploration et de rassurer les investisseurs.

« Pour ce qui est de mon analyse, j’ai l’impression que nous devons analyser le cadre légal s’il nous produit le développement économique. La loi est là mais il faut faire quelques réglages pour qu’elle s’adapte au contexte de la RDC. Dans le secteur des Hydrocarbures, ceux qui développent l’exploration en grande partie ce sont des entreprises juniors qui n’ont pas de capacité de majores. La RDC doit avoir un modèle pour encourager la recherche et l’exploration afin de disposer des banques de données alimentés qui peuvent permettre que demain nous puissions lancer les appels d’offres avec des besoins qui sont documentés et connus », a-t-il déclaré.

Le CNPAV déplore également l’absence de publication des documents liés aux appels d’offres et des contrats conclus.

La coalition cite notamment l’attribution d’un bloc gazier à Alfajiri, qu’elle juge contraire aux dispositions de l’article 67 du Règlement des hydrocarbures, exposant ainsi le contrat à une éventuelle annulation.Avant la publication de cette note d’analyse, le CNPAV indique avoir sollicité le ministère des Hydrocarbures pour recueillir sa version des faits, sans obtenir de réponse. La coalition recommande au Gouvernement de publier l’ensemble des documents relatifs aux appels d’offres et de mettre régulièrement à jour le portail du cadastre pétrolier afin de renforcer la transparence, prévenir la corruption et garantir une gestion responsable des ressources pétrolières et gazières de la RDC.

Olivier Masini

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