Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale du Congo (BCC) a décidé d’assouplir sa politique monétaire à l’issue de sa troisième réunion ordinaire de l’année, tenue le 17 juillet 2026 à Kinshasa. Cette orientation traduit la volonté de soutenir l’activité économique tout en maintenant la maîtrise de l’inflation et la stabilité du taux de change.
Le CPM a ainsi abaissé le taux directeur de 100 points de base, le faisant passer de 13,5 % à 12,5 %. Le taux applicable à la facilité de prêt marginal a également été réduit de 17,5 % à 16,5 %. Par ailleurs, la BCC a introduit une nouvelle maturité de 252 jours pour les Bons BCC afin de renforcer la gestion de la liquidité bancaire, tout en maintenant inchangés les coefficients de la réserve obligatoire.
Ces décisions interviennent dans un contexte économique jugé globalement favorable. La croissance économique de la RDC devrait atteindre 5,7 % en 2026, soit un rythme supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne estimée à 4,3 %. Sur le plan des prix, l’inflation annuelle s’est établie à 2,9 % au deuxième trimestre, tandis que le cumul annuel atteint 4,8 %, une évolution principalement liée à la hausse des prix des carburants, des coûts logistiques des produits importés et aux anticipations des opérateurs économiques.
Le taux de change demeure relativement stable. À fin juin, le dollar américain s’échangeait à 2 244 CDF sur le marché interbancaire et à 2 328,62 CDF sur le marché parallèle. Dans le même temps, les réserves internationales ont progressé pour atteindre 8,18 milliards de dollars américains, représentant 3,12 mois de couverture des importations.
La Banque centrale estime que la baisse du taux directeur reste compatible avec le maintien de taux d’intérêt réels positifs face à l’inflation projetée. Elle prévoit également une stabilisation du taux de change autour de 2 250 CDF pour un dollar américain.
Toutefois, le Comité attire l’attention sur plusieurs facteurs susceptibles d’exercer des pressions inflationnistes au cours des prochains mois. Il s’agit notamment de l’augmentation de la liquidité bancaire liée aux dépenses publiques dans le contexte du conflit à l’Est du pays, des dépenses cycliques des ménages à l’approche de la rentrée scolaire ainsi que de la hausse persistante des coûts des produits importés en raison des perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement.
Face à ces risques, la BCC encourage les services publics, les entreprises et les ménages à privilégier l’épargne et les paiements en franc congolais afin de tirer profit de l’évolution favorable du marché de change. Elle réaffirme enfin son engagement à poursuivre une politique monétaire prudente pour préserver durablement la stabilité des prix et du cadre macroéconomique du pays.



