La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, poursuit son offensive pour le recouvrement des créances en souffrance du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). Mardi à Kinshasa, elle a présidé la deuxième réunion stratégique de la Commission spéciale chargée de récupérer près de 350 millions de dollars américains, une enveloppe jugée essentielle pour renforcer les capacités financières du FPI et soutenir l’industrialisation du pays.
Conduite par le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des Petites et Moyennes Entreprises, assurant l’intérim du ministère de l’Industrie, Justin Kalumba Mwana Ngongo, la commission a présenté un premier état d’avancement de ses travaux. Un rapport de catégorisation des créances a déjà été transmis à la cheffe du Gouvernement.
Selon le ministre, six catégories de créances ont été identifiées afin de distinguer les différents débiteurs, évaluer les obstacles au recouvrement et définir les stratégies adaptées à chaque dossier. Cette approche doit également permettre de mobiliser les administrations compétentes pour accélérer le processus de récupération des fonds.
Le Gouvernement privilégie dans un premier temps une procédure de règlement à l’amiable. Les débiteurs sont invités à régulariser volontairement leur situation avant le recours à des mesures de recouvrement forcé. Justin Kalumba a d’ailleurs indiqué que plusieurs débiteurs ont déjà manifesté leur volonté d’engager des négociations, un signal considéré comme encourageant par les autorités.
Sans dévoiler l’identité des personnes ou entreprises concernées, le président de la commission a annoncé la création de trois sous-commissions thématiques, chargées d’approfondir les investigations. Elles disposent d’un délai d’un mois pour soumettre leurs premiers rapports à la Première ministre. Des communications régulières seront ensuite faites afin d’informer l’opinion publique de l’évolution des opérations.
Réagissant aux critiques évoquant une éventuelle « chasse aux sorcières », Justin Kalumba a assuré que la démarche repose exclusivement sur le respect des obligations financières envers l’État. Il a rappelé que cette commission multidisciplinaire, mise en place sur instruction du président Félix Tshisekedi, réunit plusieurs institutions de l’État afin de garantir un recouvrement transparent et efficace.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des décisions prises lors du Conseil des ministres du 10 avril 2026, où le dossier des créances du FPI avait été classé parmi les priorités du Gouvernement. Pour les autorités congolaises, le renforcement des ressources du Fonds de Promotion de l’Industrie constitue un levier stratégique pour financer les projets industriels, soutenir les PME et améliorer la gouvernance économique en République démocratique du Congo.



