Le dialogue national voulu par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo suscite déjà des attentes au sein de la société civile. L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) accueille favorablement l’orientation présidentielle, mais insiste sur une condition essentielle : faire du futur processus un dialogue réellement inclusif, représentatif et participatif.Dans son communiqué du 8 septembre 2026, l’ODEP salue la volonté du chef de l’État de promouvoir un dialogue fondé sur la participation populaire. L’organisation estime toutefois que cette volonté doit désormais se traduire par une démarche « crédible, transparente et inclusive », permettant une participation effective des forces vives de la Nation.
Pas d’exclusion dans le processus
Pour l’ODEP, la complexité de la crise congolaise impose de dépasser une approche exclusivement militaire. L’organisation condamne clairement le recours aux armes, à la rébellion et à la violence comme moyens de conquête du pouvoir ou d’expression politique. Mais elle estime également que la réponse militaire montre ses limites face aux crises structurelles profondes.
L’ODEP plaide ainsi pour un dialogue ouvert à l’ensemble des acteurs directement concernés, « sans exclusive ni marginalisation », afin de s’attaquer aux causes profondes des conflits et de favoriser une véritable réconciliation nationale.
Une commission indépendante pour piloter le dialogue
Pour garantir la confiance entre les parties prenantes, l’ODEP propose la création d’une commission nationale indépendante, autonome et représentative, composée exclusivement d’experts congolais compétents et expérimentés. Cette structure devrait assurer le pilotage technique du dialogue, distinct du rôle institutionnel du chef de l’État.L’organisation recommande également d’intégrer la diaspora congolaise au processus, en la considérant comme une « 27ᵉ province » du dialogue.
Pour l’ODEP, la volonté présidentielle constitue une première étape. Elle appelle désormais à définir clairement les participants, les critères de représentativité et l’agenda du dialogue, avant que les orientations annoncées ne soient définitivement arrêtées.
Olivier Masini



