RDC : 24 milliards USD pour le budget 2027  jugé  irréaliste par le Professeur Florimond Muteba de l’Odep

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Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a présenté le budget 2027, à l’Assemblée Nationale le jeudi 29 octobre 2026, évalué à hauteur de 24 milliards de dollars américains. Le Professeur Florimond Muteba, Président du Conseil d’Administration de l’Observatoire de la dépense publique (ODEP), émet des réserves estimant que cette prévision budgétaire est irréaliste au regard des capacités de mobilisation des recettes de l’État. 

Un objectif budgétaire jugé déconnecté des performances passées

Les prévisions budgétaires 2027 de 24 milliards de dollars américains ne convainc pas le Professeur Florimond Muteba. Répondant aux questions de la rédaction du média en ligne Tsieleka.com, ce lundi 2 novembre 2026, le PCA de l’ODEP a qualifié cette projection d’utopique, estimant que les performances budgétaires enregistrées ces dernières années ne permettent pas de soutenir une telle ambition.

Selon lui, les recettes publiques n’ont atteint respectivement que 9,6 milliards de dollars en 2022 et 9,8 milliards en 2023. Depuis, le pays n’aurait pas réussi à améliorer significativement ses performances, alors que l’État éprouve toujours des difficultés à honorer certaines charges, notamment le paiement des fonctionnaires et investir dans le secteur pro pauvre.

« Il y a trop d’utopie d’évaluation de lois des finances en recettes comme en dépenses. Pour atteindre ne fût-ce que 15 ou 16 milliards de dollars américains, ce n’est pas avec les politiques actuels, surtout le ministre des Finances donne des exonérations fantaisistes à des opérateurs économiques libanais et occidentaux », a déclaré Florimond Muteba.

L’ODEP appelle au renforcement des contrôles budgétaires

Pour améliorer la gestion des finances publiques, le responsable de l’ODEP plaide pour un contrôle plus rigoureux de l’exécution du budget. Il appelle notamment la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances (IGF), la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) et l’Assemblée nationale à exercer pleinement leurs missions et à sanctionner les fautes de gestion.

« Il faut que toutes les règles concernant l’évaluation du budget, la consommation des crédits budgétaires et la chaîne de dépenses soient respectées scrupuleusement et contrôlées en permanence », a-t-il insisté.

Florimond Muteba déplore également la faible part consacrée aux investissements publics, dont les recettes, selon ses observations, ne dépassent jamais 30 % du budget national.

Il rappelle enfin que le respect de la loi relative aux finances publiques (LOFIP) constitue une exigence constitutionnelle. Le débat autour du budget 2027 pose ainsi la question de la crédibilité des prévisions de recettes, de la discipline budgétaire et de l’efficacité de la dépense publique en RDC. 

Olivier Masini 

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