RDC : vers un prix stratégique du Cobalt pour stimuler la transformation locale

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La République démocratique du Congo (RDC), premier producteur mondial de cobalt, entend définir un prix de référence du métal bleu capable d’encourager la transformation locale. Après avoir interdit les exportations de cobalt sous forme brute depuis février 2025, le gouvernement congolais affine sa stratégie pour maximiser la valeur ajoutée nationale.

Avec près de 75 % de la production mondiale, la RDC est un acteur clé du cobalt, essentiel dans les batteries des véhicules électriques. L’interdiction d’exporter l’hydroxyde de cobalt — produit intermédiaire transformé principalement en Chine — a déjà fait grimper les prix. Depuis février, les prix mondiaux ont augmenté de 60 %, selon les données de Fastmarkets, et celui de l’hydroxyde a plus que doublé.

Pour Guy-Robert Lukama, président de la Gécamines, la mesure visait à rendre rentable la construction d’unités de raffinage en RDC. « Personne ne pouvait investir sans un prix viable », a-t-il déclaré lors d’une intervention au Center for Strategic and International Studies, à Washington.

Cette politique de prix s’inscrit dans un plan plus large de développement industriel local. Le gouvernement envisage désormais des quotas d’exportation et des incitations pour attirer des investissements dans le raffinage, et créer des emplois sur place. L’objectif : transformer localement le cobalt afin de capter plus de valeur et de réduire la dépendance à la Chine.

La démarche congolaise s’aligne sur le partenariat stratégique RDC-USA visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques. Alors que la Chine domine l’affinage mondial du cobalt, Kinshasa entend rééquilibrer les flux en attirant des investisseurs américains et européens.

Les plus grands producteurs du pays, comme Glencore, Eurasian Resources Group et CMOC Group, opèrent via des coentreprises avec la Gécamines. Toutefois, CMOC, qui représentait plus de 40 % de la production mondiale en 2024, a déclaré un cas de force majeure, soulignant les tensions croissantes sur le marché.

Le gouvernement congolais reste conscient des risques. Une flambée trop forte des prix pourrait accélérer le passage à des technologies de batteries sans cobalt. D’où la volonté de stabiliser le marché plutôt que de répéter les pics extrêmes de 2018 et 2022.

La RDC veut bâtir une souveraineté minérale responsable. En fixant un prix stratégique du cobalt et en promouvant la transformation locale, le pays espère renforcer son économie, créer des emplois et réduire sa vulnérabilité face aux fluctuations internationales.

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