Lors de la 52e session du Conseil des ministres, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a ordonné une révision urgente des mesures de dédouanement fiscal mises en place par la loi de finances 2025. Cette initiative intervient dans un contexte où les chefs d’entreprise et les opérateurs économiques expriment une inquiétude croissante face à des obligations fiscales jugées trop rigides et contre-productives.
Depuis l’entrée en vigueur du décret d’application du 9 avril, les attestations de quitus fiscal sont devenues obligatoires pour un large éventail d’opérations : paiements interentreprises, ouverture de comptes bancaires pour les non-résidents, obtention de documents pour les expatriés, entre autres.
Mais ces exigences ont entraîné une série de perturbations. Les entrepreneurs rapportent des projets bloqués, des difficultés à exécuter des contrats, et un accès limité au financement bancaire. Cette situation alimente un climat d’incertitude juridique et ralentit les activités économiques, en particulier pour les PME.
Dans son intervention, le chef de l’État a reconnu ces obstacles et a insisté sur la nécessité de rééquilibrer les règles fiscales. « La discipline budgétaire ne doit pas se faire au détriment de la confiance des investisseurs ou de la croissance du secteur privé », a-t-il déclaré.
Le Président a mandaté la Première ministre Judith Suminwa pour conduire un processus de concertation impliquant le ministère des Finances, la Direction générale des impôts (DGI), la Cellule climat des affaires et les représentants du secteur privé.
Cette démarche vise à : Mesurer l’impact réel des mesures actuelles sur les opérations des entreprises; Concevoir un cadre fiscal plus adapté, conciliant obligation fiscale et réalité économique ; Intégrer des amendements dans la prochaine loi de finances, avec une mise en œuvre progressive.
Un moratoire partiel sur certaines obligations les plus contraignantes est également à l’étude, afin de limiter les effets négatifs à court terme.
Chargée de faire le lien entre l’administration et les opérateurs économiques, l’Unité Climat des Affaires jouera un rôle central. Elle collectera les retours du terrain, analysera les obstacles de mise en œuvre, et proposera des ajustements techniques.
Cette approche vise à garantir que les réformes fiscales soient pragmatiques, cohérentes et ancrées dans les réalités du tissu économique congolais.
Le geste du président Tshisekedi traduit une volonté plus large : moderniser le système fiscal tout en préservant la dynamique économique. Il s’agit de construire un environnement où les règles fiscales soutiennent l’entrepreneuriat, au lieu de le freiner.
Cette réorientation pourrait redonner un nouvel élan à la création d’emplois, à l’investissement local et à la compétitivité des entreprises congolaises sur les marchés régionaux et internationaux.
De Favre



