RDC : Violence et crise humanitaire, le rapport de l’ONU révèle l’effondrement sécuritaire dans les Kivu

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Nord‑Kivu et Sud‑Kivu sont aujourd’hui au cœur d’une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent. Dans son rapport à mi‑parcours publié le 30 décembre 2025, le Groupe d’experts des Nations unies décrit une détérioration dramatique de la situation sur le terrain, malgré les efforts diplomatiques de paix en cours. 

Le rapport souligne que, malgré des avancées dans les processus de médiation, la sécurité dans l’est de la RDC s’est considérablement dégradée en 2025. Les provinces du Nord‑Kivu et du Sud‑Kivu ont été marquées par des affrontements armés violents, opposant les forces gouvernementales congolaises aux groupes armés, notamment l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23) soutenue par les Forces de défense rwandaises (FDR). 

Selon les experts de l’ONU, ces affrontements sont plus fréquents et plus violents. Ils ont gravement compromis la sécurité des populations civiles, avec des attaques systématiques, des déplacements massifs et une multiplication des violences sexuelles liées au conflit. 

Après la signature de l’Accord de paix entre la RDC et le Rwanda ainsi que la Déclaration de principes de Doha, des négociations se sont poursuivies pour résoudre les points de désaccord, notamment avec l’AFC/M23. Malgré des mécanismes de confiance et de vérification mis en place pour neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), des interprétations divergentes des accords ont entravé leur mise en œuvre effective. 

Pire encore, toutes les parties ont mené des opérations offensives en violation des cessez‑le‑feu, sapant la crédibilité du processus de paix. Cette dynamique révèle une crise de confiance et un manque d’engagement réel envers la cessation des hostilités. 

L’un des aspects les plus alarmants du rapport est la manière dont l’AFC/M23 a progressivement construit une gouvernance parallèle dans les zones qu’elle contrôle. Le mouvement a mis en place des structures administratives, judiciaires, budgétaires et sécuritaires, assumant de fait certaines fonctions de l’État congolais. 

Ses dirigeants affichent désormais l’objectif à long terme de gouverner une région autonome dans l’est de la RDC, s’éloignant de la logique purement militaire pour viser une domination politique territoriale. 

Un élément clé du conflit est aussi l’exploitation des ressources minières, moteur économique de la région. Selon le rapport, l’AFC/M23 a consolidé son accès aux ressources, notamment au Sud‑Kivu, en s’emparant de zones minières stratégiques comme Nzibira et la mine d’or de Twangiza. 

Aujourd’hui, le mouvement contrôle près de la moitié de la production de cassitérite et de coltan du Sud‑Kivu, ainsi que plus des deux tiers de la production de wolframite  minéraux essentiels pour l’industrie mondiale des technologies. 

Ce contrôle territorial et économique pose une double menace. Il finance les opérations militaires tout en affectant négativement l’économie locale congolaise, déjà fragilisée par des décennies de conflits.

Face à l’avancée de l’AFC/M23 et du soutien rwandais, les Forces armées de la RDC (FARDC), avec les groupes alliés comme les Wazalendo, ont mené des opérations pour contenir les pertes territoriales et protéger les axes logistiques essentiels. 

Cependant, ce soutien reste fragile. Malgré la pression diplomatique pour neutraliser les FDLR, les FARDC continuent de compter sur eux comme alliés opérationnels, ce qui complique encore davantage l’équation sécuritaire et politique. 

Les conséquences pour les populations civiles sont catastrophiques. L’instabilité permanente a entraîné des déplacements massifs, la perte de moyens de subsistance et l’aggravation d’une crise humanitaire déjà profonde. Les attaques ciblées contre les civils, les violences sexuelles et les perturbations des services de base requièrent une réponse humanitaire internationale accrue.

Le rapport 2025 du Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC illustre une réalité sombre : malgré les accords de paix et les efforts diplomatiques, la sécurité dans l’est du pays continue de s’effondrer, alimentée par des groupes armés structurés et des intérêts économiques liés au contrôle des ressources naturelles.

Pour sortir de cette crise, il est essentiel de renforcer le processus de paix, d’assurer le respect strict des cessez‑le‑feu, et de promouvoir une stabilité durable qui protège les populations et favorise le développement économique local.

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