Dans un contexte de relance économique et de protection des filières nationales, Julien Paluku Kahongya, Ministre du Commerce Extérieur, a signé une série d’arrêtés ministériels portant reconduction des mesures de restriction temporaire d’importation de plusieurs produits stratégiques. Ces décisions, annoncées officiellement cette semaine, visent à soutenir la production locale, dynamiser les chaînes de valeur industrielles et réduire la dépendance du marché congolais aux importations.
Ces arrêtés, en vigueur pour une durée de 12 mois, couvrent huit catégories de produits manufacturés essentiels dans les zones économiques clés du pays. Ils viennent prolonger des mesures déjà mises en place l’an dernier et s’insèrent dans la stratégie globale du gouvernement en matière de protection de l’industrie congolaise, de création d’emplois et de promotion de la transformation locale des matières premières.
L’objectif principal de ces arrêtés est de favoriser la production locale en limitant temporairement l’entrée de certains produits importés qui concurrencent fortement les industries nationales. Voici les principaux produits concernés :
Produits du bâtiment et matériaux industriels. Faïences et carreaux restrictions dans la partie Ouest du pays, notamment autour de Kinshasa et Bas‑Congo, où la demande locale est forte et les unités de production existantes cherchent à accroître leur compétitivité.
Barres de fer également dans la partie Ouest, afin de soutenir les aciéries et les ateliers de préfabrication locaux.
Produits électriques et métallurgiques. Conducteurs et câbles électriques en cuivre basse tension – restrictions dans la partie Ouest, un segment crucial pour les industriels locaux mais saturé par les importations.
Conducteurs électriques en cuivre et en aluminium (basse, moyenne et haute tension), câbles électriques non armés, anodes en cuivre et plomb, ainsi que tubes et tuyaux rigides en polymère d’éthylène – ces produits sont concernés dans la partie Sud, zone stratégique pour les industries minières et l’électrification locale.
Produits chimiques et dérivés. Détergents liquides et en poudre restrictions dans la partie Sud‑Est, avec pour objectif de stimuler les unités de production de lessives et produits d’entretien en RDC.
Alcool éthylique (éthanol) mesure appliquée dans la partie Ouest, indispensable à l’industrie pharmaceutique, cosmétique et à certaines productions alimentaires.
Cathodes en acier inoxydable dans la partie Sud -Est, afin de renforcer les capacités des sidérurgies locales.
Selon les autorités, ces mesures de restriction d’importation temporaire doivent permettre d’accroître la production locale en donnant un avantage compétitif aux entreprises nationales ; de créer et préserver des emplois dans les secteurs manufacturier et industriel ; de réduire la fuite de devises liée aux importations massives de produits qui pourraient être fabriqués en RDC et de stimuler les investissements privés et publics dans des chaînes de valeur locales.
Julien Paluku Kahongya a déclaré que ces arrêtés s’accompagnent « d’un appui accru aux unités de production locales, notamment via des facilités d’accès au financement, des incitations fiscales et un accompagnement technique ».
Dans un pays riche en matières premières mais confronté à une forte concurrence des produits importés, cette politique de protection industrielle peut être perçue comme une étape importante vers l’industrialisation durable de la République Démocratique du Congo. Pour les acteurs économiques et les jeunes entrepreneurs, il s’agit d’une opportunité d’investir dans des secteurs jusque-là submergés par les importations.
Le défi reste cependant de garantir que les industries locales soient suffisamment compétitives, innovantes et capables de répondre à la demande nationale sans compromettre la qualité ou les prix pour les consommateurs.



