Le Gouvernement congolais intensifie sa riposte face à une crise humanitaire et sécuritaire qui ne cesse de s’aggraver. Réunie au sein du Cadre national de concertation humanitaire (CNCH), la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a réaffirmé la nécessité d’une action rapide, coordonnée et efficace pour soulager les populations affectées.
Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante, notamment dans l’Est du pays, et des déplacements massifs de civils, la cheffe de l’Exécutif a dressé un constat préoccupant. Elle a évoqué des millions de personnes confrontées à des conditions de vie précaires, avec un accès limité aux soins de santé, à l’eau potable et à l’éducation.
« Au-delà des chiffres, il y a une réalité choquante », a insisté Judith Suminwa, décrivant des familles déracinées et des communautés fragilisées, prises au piège de violences récurrentes. Cette situation, a-t-elle souligné, impose une réponse humanitaire structurée et adaptée aux réalités du terrain.
Pour y parvenir, la Première ministre a appelé à une transformation du CNCH en un outil stratégique de pilotage. L’objectif est d’améliorer la coordination entre les acteurs humanitaires, les institutions publiques et les partenaires internationaux, tout en assurant une meilleure efficacité des interventions.
Sur le plan sécuritaire, le Gouvernement met l’accent sur la nécessité de garantir un accès humanitaire sans entrave, condition essentielle pour atteindre les zones les plus touchées. La protection des travailleurs humanitaires figure également parmi les priorités.
De son côté, la ministre des Affaires sociales, Ève Bazaïba, a plaidé pour des mesures concrètes visant à lever les barrières administratives et fiscales qui ralentissent les opérations sur le terrain.
À travers cette relance du CNCH, les autorités congolaises entendent amorcer une transition progressive de l’urgence vers la stabilisation, dans un pays où la crise humanitaire reste l’une des plus complexes au monde.
Olivier Masini



