La République démocratique du Congo (RDC) entend faire de ses immenses ressources naturelles un véritable moteur de croissance économique. Lors d’un briefing presse organisé le mardi 7 juillet 2026 avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a présenté deux réformes majeures destinées à valoriser durablement le capital écologique du pays. L’ambition affichée est de positionner la RDC comme un acteur incontournable de la nouvelle économie environnementale fondée sur l’eau, les forêts et les crédits carbone.
Première mesure phare, la création de l’Office congolais de l’eau marque un tournant dans la gestion des ressources hydriques nationales. Avec plus de la moitié des réserves d’eau douce de l’Afrique, la RDC dispose d’un potentiel considérable encore largement sous-exploité sur le plan économique. Placé sous la tutelle du ministère de l’Environnement, cet établissement public aura pour mission de garantir la protection durable de cette ressource stratégique tout en développant sa valorisation économique.
Selon Marie Nyange Ndambo, l’eau constitue désormais un véritable « or bleu », capable de soutenir une économie entière à condition d’être gérée de manière responsable. Au-delà des perspectives économiques, cette réforme permettra également à la RDC de renforcer son rôle dans les débats régionaux et internationaux consacrés à la sécurité hydrique, devenue un enjeu majeur face aux effets du changement climatique.
La seconde réforme concerne la mise en place d’un registre carbone souverain accompagné d’un système national de Mesure, Rapportage et Vérification (MRV). Cette infrastructure permettra à la RDC de certifier elle-même les crédits carbone générés par ses forêts, réduisant ainsi la dépendance envers les intermédiaires internationaux. Avec près de 60 % des forêts du bassin du Congo, le pays entend reprendre le contrôle de la valeur économique de son patrimoine forestier tout en renforçant sa souveraineté sur le marché mondial du carbone.
Le gouvernement prévoit d’appuyer plusieurs types de projets générateurs de crédits carbone, notamment la conservation des forêts, les barrages hydroélectriques, les foyers améliorés, les énergies renouvelables ainsi que les initiatives de développement durable. Les autorités assurent que les communautés locales seront pleinement associées à ces mécanismes afin qu’elles bénéficient directement des retombées économiques issues de la valorisation des services environnementaux.
Au cours de ce même briefing, la ministre est également revenue sur l’échouage exceptionnel d’une baleine sur le littoral de Moanda, dans la province du Kongo Central. Après l’enfouissement de l’animal afin de prévenir tout risque sanitaire, le gouvernement a annoncé l’élaboration du premier protocole national d’interventions face à ce type d’événements, illustrant sa volonté de renforcer les capacités nationales en matière de gestion environnementale.
À travers ces réformes, la République démocratique du Congo affiche clairement son ambition de transformer ses ressources naturelles en véritables leviers de développement durable. En misant sur la valorisation économique de l’eau et du carbone forestier, Kinshasa espère attirer davantage d’investissements, renforcer sa souveraineté économique et consolider son statut de pays-solution dans la lutte mondiale contre le changement climatique. La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la qualité de la gouvernance, de la transparence des mécanismes mis en place et de l’implication effective des populations locales.



